acquisition par Antoine Moueix propriétés
hectares
bouteilles par an

Au-delà de la colline où se dresse le village de Saint-Émilion, en prenant la direction de Saint-Hippolyte, la route serpente au pied des coteaux dans une palette infinie de couleurs. En cette fin octobre, le vignoble est dans sa période fauve. Les feuilles hésitent entre le jaune vif, l’ocre jaune, le rouge pourpre, le brun rouillé et le vert encore tendre. Une géométrie colorée idéale pour comprendre les variations de maturité, à quelques rangs d’écart, liées à la diversité des sols, inclinations, expositions et orientations.

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Six ans d’ambition

À moins de cinq kilomètres de la célèbre cité médiévale, sur la fameuse côte sud du  plateau calcaire de Saint-Émilion, Château Capet-Guillier est entouré de voisins prestigieux tels que Pavie, Larcis-Ducasse, Tertre-Rotebœuf. La bâtisse du XVIIe siècle ne manque pas de noblesse au bout de son allée, entourée de vieux chênes. De tous côtés, le regard plonge dans les vignes, certaines grimpent à l’assaut d’une combe couronnée de bois, d’autres se déroulent en pente douce jusqu’à la Dordogne. Acquis en 2009 par Antoine Moueix Propriétés, maison de vin bordelaise du groupe AdVini, ce bijou dont l’éclat se ternissait connaît une notable évolution grâce à une énergique reprise en main et des changements en profondeur, de la vigne au chai. L’ambition est de l’amener au tout premier rang.

Avant d’être un domaine viticole, Capet-Guillier fut au XVIIe siècle la maison de chasse de l’ancienne maison noble et seigneurie de Capet qui couvrait alors une partie du coteau de Saint-Hippolyte. Elle a ensuite appartenu pendant deux siècles à la famille Guillier, des notables de Libourne qui ajoutèrent leur nom sur l’étiquette.

Le chai de vinification abrite également l’ancien four à pain communal de Saint-Hippolyte. « Notre volonté en faisant l’acquisition de ce domaine était d’en faire un site prestigieux, pour la production de vin comme pour la réception », explique Jean-Michel Lapalu, président d’Antoine Moueix Propriétés. Depuis 2009, le parc, les chais, les bâtiments de vinification ont été rénovés et la maison aménagée de manière à pouvoir recevoir dans de bonnes conditions et  s’ouvrir à l’œno-tourisme. Ce programme d’investissements se poursuivra jusqu’en 2022, date du prochain classement de Saint-Émilion. « C’est le cap que nous nous sommes fixés. Un challenge qui  mobilise l’équipe et nous oblige à nous fixer chaque année un nouveau défi. Notre objectif, faire toujours mieux en alliant la technologie et le respect du terroir, viser une perfection qu’on ne peut jamais atteindre bien sûr, mais vers laquelle on doit tendre. »

Château Vue Droite Plan Large

En 2015, Capet-Guillier s’offre
un chai sur-mesure

Dans le respect de ces fruits longuement choyés et portés à parfaite maturité, les vendanges sont manuelles en petites cagettes et la vinification s’effectue de manière délicate, lente, peu interventionniste. Un tout nouveau chai permet d’œuvrer en parfaite symbiose avec la matière première. « Nous avons identifié une douzaine de parcelles différentes sur les quatre hectares. Le chai a été équipé de presque autant de cuves : quatre cuves tronconiques en chêne et dix cuves béton de petite capacité (40/45 hl) pour révéler les caractères des différentes parcelles et pratiquer des extractions douces par pigeage une à deux fois par jour. » Le saint-émilion de Capet-Guillier rejoindra son propre chai d’élevage, inauguré en 2014, pour y effectuer sa fermentation malolactique en fûts de chêne. L’élevage est réalisé pour une moitié en fûts neufs et pour l’autre en fûts d’un vin de manière à obtenir un boisé fondu et harmonieux. Au terme d’environ quatorze mois d’élevage, château-capet-guillier démontre beaucoup de finesse, d’ampleur, de rondeur. Son caractère voluptueux s’est précisé. Il s’inscrit dans le style des grands crus de la côte Sud de Saint-Émilion avec ses notes caractéristiques légèrement truffées qui se développent avec un peu d’élevage en bouteille. « 2010 est certainement le millésime qui montre le mieux le véritable potentiel de la propriété. Mais nous constatons une évolution positive d’année en année, comme si la vigne nous rendait petit à petit tout le travail accompli », se réjouit Jean-Michel Lapalu. « Par bonheur cette année, les vendanges se sont particulièrement bien déroulées. Nous avons obtenu des maturités parfaites en prenant le temps nécessaire. Assurément, 2015 comptera dans l’histoire de Capet-Guillier. » Le millésime idéal pour une renaissance.

Château Capet-Guillier en images

Nouveau découpage au vignoble

La première étape du changement a été drastique. À l’origine, le vignoble comportait deux entités distinctes, la plus grande partie située en pied de côte, l’autre s’étendant à 60 mètres d’altitude sur les coteaux de la combe de Maurens. Cette pépite argilo-calcaire sur le coteau sud du plateau de Saint-Émilion a été isolée pour être entièrement consacrée à l’élaboration de château-capet-guillier. La surface de production du cru s’est ainsi sensiblement réduite, passant de 15 à 4 hectares. Le reste du vignoble, les 11 hectares de parcelles situés en pied de côte, constitué d’éléments plus fins, plus sablonneux, est désormais destiné à la production de tour-de-capet. L’ancien second vin est ainsi devenu une propriété à part entière. Face à cette approche radicalement nouvelle, impulsée par Stéphane Derenoncourt qui intervient au sein du domaine depuis 2009, le parcours cultural et technique a dû être adapté avec un profil qualitatif précis défini pour chacune des deux cuvées : équilibre et finesse pour tour-de-capet, complexité et puissance pour capet-guillier.

« Notre travail consiste à révéler ce que le terroir peut avoir de plus noble, sans masque ni artifice, avec un souci de concentrer un maximum les qualités du cru. Nos outils : un raisin très mûr, un souci de naturel, des vinifications allant jusqu’au cœur de la matière première, un respect constant du style et d’une tradition bien repensée. »

L’essentiel se trouve donc dans les vignes. Sur la côte, le potentiel est là, avec des vignes de merlots (85 %) et de cabernets francs (15 %) âgées de 25 à 30 ans, 50 ans et plus pour certaines, plantées à une densité de 6 500 pieds/ha. « La reconversion du vignoble envisagée nous conduira vers des densités plus élevées, proches de 8 000 ». Une viticulture de précision respectueuse de l’environnement y est pratiquée avec soin tout au long de l’année : travail des sols, labour, arrêt des intrants chimiques, reprise des amendements bio, effeuillage, ébourgeonnage et un rendement maîtrisé (40 hectolitres/hectare) avec un objectif d’une bouteille par pied de vigne. Le calcaire à astéries, friable et les argiles issues de calcaire – dont l’argile bleue ou montmorillonite –  assurent un bon drainage. Les racines peuvent descendre dans les anfractuosités en profondeur pour s’alimenter dans des couches du sol très peu fertiles, ce qui favorise une petite quantité de raisins bien concentrés. Mais ce terroir n’a pas fini de livrer tous ses secrets. Dans les prochains mois, il sera examiné à la loupe grâce à des mesures de résistivité électrique. Le but est d’affiner encore la définition parcellaire, l’adéquation des cépages et porte-greffes avec les sols et sous-sols, de guider aussi l’évolution de l’encépagement. « Une petite parcelle de cabernet franc est entrée en production à partir du millésime 2014 pour apporter de nouvelles notes et un supplément de complexité à capet-guillier et nous pensons déjà qu’il serait bon d’en augmenter encore la proportion ».

« La belle endormie »

Les vins

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2014

Fruit précis, tannin élégant, corps charnu et de bonne longueur, à la fois accessible et profond : marque une étape de maturité pour la propriété.

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2013

Tannin déjà bien en place avec du soyeux et de l’allonge.

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2012

Très coloré, nez associant le fruit noir au merrain, attaque ample, généreuse, tannin enrobé, bon équilibre, longueur charnue. Déjà savoureux.

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2011

Le tannin se révèle énergique, avec le raffinement qu’il faut et une aromatique fraîche et épicée. Registre plus nerveux et souple que le 2012 mais du caractère.

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2010

Couleur jeune et opaque, nez de fruits noirs (mûre), bouche large et puissante avec un tannin encore très ferme, du potentiel mais le vin doit être attendu.

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2009

Rond, souple, harmonieux, un corps épicé avec une chair assez savoureuse, moins de profondeur néanmoins que les millésimes suivants. À boire.

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